GABON: Blackout numérique, la suspension des réseaux sociaux fait polémique

© Bertrand Guay, AFP

Libreville – La Haute Autorité de la Communication (HAC) a ordonné la suspension immédiate des réseaux sociaux sur toute l’étendue du territoire dès le 18 février 2026. C’est par un communiqué officiel que l’organe de régulation a justifié cette mesure dont la durée est indéterminée. Selon la HAC, la suspension vise à prévenir la diffusion de « contenus haineux, de fausses informations et de messages incitant à la violence », dans un contexte politique particulièrement tendu.

L’ancien Premier ministre, Alain-Claude Bilie-By-Nze, n’a pas tardé à réagir. Pour celui qui fut également ministre de la Communication, cette mesure est un signal alarmant envoyé à la communauté internationale.

« Suspendre les réseaux sociaux sous prétexte de sécurité, c’est admettre une incapacité à gouverner par le dialogue. C’est une dérive autoritaire qui ne dit pas son nom. On ne construit pas la paix sociale en emprisonnant la parole des citoyens dans le silence numérique », a-t-il fustigé dans une déclaration.

Le parti d’opposition Ensemble Pour le Gabon (EPG) considère, lui, que priver 1,4 million de Gabonais (soit 62 % de la population) de leurs principaux outils d’information et de communication est une violation flagrante des droits constitutionnels.

Au-delà de la politique, c’est le quotidien des Gabonais qui est bouleversé. Plus de 90 % du trafic internet mobile au Gabon est concentré sur WhatsApp, Facebook et TikTok. De même, le secteur informel qui repose massivement sur l’application de messagerie instantanée du Méta pour les transactions et les livraisons, tourne au ralenti.

Si la HAC maintient sa position, le fossé pourrait davantage se creuser entre le pouvoir et la population, estiment des observateurs. Pour l’heure, de plus en plus d’utilisateurs utilisent des VPN pour tenter de contourner la censure.

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