Égypte: Des Citizen Bonds pour renforcer la souveraineté financière
Le ministre égyptien des Finances, Ahmed Kouchouk, a dévoilé le lancement du « Citizen Bond » le 22 février 2026. Cet instrument d’épargne est destiné exclusivement aux particuliers et distribué via le vaste réseau des bureaux de poste nationaux. Le Caire vient de franchir une étape majeure vers l’inclusion financière. Ce mouvement s’inscrit dans une tendance de fond sur le continent : le développement de marchés obligataires en monnaie locale pour protéger les économies de la volatilité du dollar.
Le concept est simple : offrir aux citoyens un produit d’investissement sécurisé, accessible dès dimanche prochain, avec un rendement fixe sur 18 mois. En choisissant la poste comme canal de distribution exclusif, le gouvernement mise sur la proximité géographique. « Cette émission s’inscrit dans la stratégie du ministère visant à diversifier les instruments d’investissement gouvernementaux et à élargir la base des investisseurs de détail », a déclaré Ahmed Kouchouk.
Pour Dalia El-Baz, présidente d’Egypt Post, cette initiative renforce l’inclusion financière en touchant les villes comme les villages les plus reculés. L’objectif est double : financer la dette publique par l’épargne domestique et offrir une alternative fiable face à l’inflation.
Selon le dernier rapport de l’OCDE (2025) sur les marchés de capitaux en Afrique, la dette souveraine négociable sur le continent est passée de 13 % du PIB en 2007 à 30 % en 2024. Cette expansion est portée par la volonté des États de s’affranchir de la dépendance aux devises étrangères (dollar, euro), dont les taux d’intérêt élevés alourdissent le service de la dette.
Le Kenya fait figure de pionnier avec sa plateforme mobile M-Akiba, lancée dès 2017. En juin 2024, les investisseurs individuels détenaient environ 17 % de la dette souveraine kenyane, un record qui démontre l’appétit des populations pour ces produits lorsqu’ils sont accessibles via smartphone.Au-delà de l’épargne citoyenne, le financement en monnaie locale est devenu un bouclier vital pour le secteur privé.
L’International Finance Corporation (IFC) souligne que la volatilité des changes peut être fatale aux entreprises locales dont les revenus sont en monnaie nationale mais les dettes en dollars. Sérgio Pimenta, vice-président régional de l’IFC pour l’Afrique, est catégorique :« La demande de financements en monnaie locale est en hausse… Cela reflète l’élan actuel du continent vers l’intégration économique régionale et le développement de l’Afrique par l’Afrique. »
Malgré un potentiel réel, l’OCDE note que la participation citoyenne stagne souvent sous 1 % de la dette totale. Pour réussir, les États doivent prioriser quatre axes : porter la maturité au-delà de 5 ans pour financer les infrastructures, généraliser l’achat par Mobile Money, renforcer l’éducation financière face à l’épargne traditionnelle et garantir une liquidité immédiate pour rassurer les petits porteurs.
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